La tech de San Francisco confrontée à une vague de licenciements massifs

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A San Francisco, le moral des salariés de la tech est au plus bas. Les annonces de licenciements, qui ont démarré au printemps dernier, se multiplient et touchent un nombre croissant de personnes. Certains d’entre eux, embauchés par des géants de la tech comme Google, se croyaient intouchables, mais ils ont payé le prix de la nouvelle réalité économique. D’autres, dont les projets sont à l’arrêt depuis plusieurs mois, se savent en sursis. Et les salariés qui ont été licenciés l’année dernière sont nombreux à peiner à retrouver du travail.

En un an, le paysage a complètement changé. Pendant la pandémie, les entreprises de la tech ont engrangé des profits faramineux, attirant les investisseurs. Ils en ont profité pour embaucher à tour de bras : les effectifs de Meta, par exemple, sont passés de 44.900 en 2019 à plus de 87.300 fin septembre 2022. Les ingénieurs en ont profité pour négocier des salaires mirobolants, ainsi que des conditions de travail très favorables.

Des entreprises cherchaient à attirer les talents en leur proposant des semaines de quatre jours ou en leur offrant la possibilité de travailler entièrement à distance. Certaines d’entre elles, dont Disney, ont changé d’avis ces derniers mois, profitant de la nouvelle situation économique pour demander à leurs salariés de passer plusieurs jours par semaine au bureau.

Les annonces de licenciements, qui ont commencé au printemps dernier, se sont intensifiées cet été, avant de déferler à l’automne. Cet hiver, rares sont les entreprises qui y échappent encore, à part Apple. Microsoft et Google viennent d’annoncer leurs plans de départ : les géants se séparent de 10.000 et 12.000 personnes respectivement, soit 5 à 6 % de leurs effectifs.

Les start-up ne sont pas en reste. En 2022, le site Layoffs.fyi a comptabilisé 1.039 plans de licenciements massifs ; au moins 159.184 personnes ont perdu leur travail. Et cette tendance s’accélère : 185 plans de départ ont été répertoriés depuis le début de l’année, soit 57.601 personnes laissées sur le carreau. La barre des 200.000 est largement dépassée.

Sans surprise, San Francisco et ses environs sont particulièrement touchés : 533 entreprises de la tech ont licencié l’année dernière, dont Meta, Twitter, Stripe et Alphabet.