Pourquoi les expatriés ne sont-ils pas plus nombreux à acheter de l’immobilier en France ?

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Selon un sondage OpinionWay réalisé auprès de 4 979 expatriés pour la Banque Transatlantique, près de la moitié des expatriés français (52%) ont l’intention d’acheter un bien immobilier, dont 27 % dans leur pays de résidence. Bien que 29% souhaitent investir en France, très peu envisagent d’acheter un bien immobilier en France en 2023 en raison de la conjoncture économique peu favorable, seulement 3% des sondés souhaitent concrétiser leur achat dans l’Hexagone. Le prix de l’immobilier est le premier frein à l’achat d’un bien immobilier en France ou dans le pays de résidence.

Malgré les prix jugés dissuasifs et des taux d’intérêt parfois plus élevés qu’en France, près d’un expatrié sur deux (49 %) estime qu’investir dans leur pays de résidence est plus intéressant et rentable que dans l’Hexagone. Ce choix est principalement justifié par la fiscalité pour près de 4 répondants sur 10, la difficulté à visiter les biens (24 %), et l’accès au crédit (24 %). L’obtention d’un prêt immobilier pour financer un achat en France peut se révéler compliquée pour les Français de l’étranger car leurs revenus sont souvent domiciliés sur place, et libellés dans la monnaie locale.

Les potentiels acquéreurs se heurtent également à d’autres obstacles dans leur pays de résidence. Les pays anglo-saxons, par exemple, n’ont pas la pratique des taux fixes, ce qui peut conduire à une dégradation rapide des conditions de crédit en cas de hausse des taux. Contrairement à la France, il n’y a pas toujours de taux d’usure maximum auquel les banques peuvent prêter.

De plus, l’achat immobilier en France pour un non-résident se révèle peu attrayant sur le plan fiscal. Les expatriés n’échappent pas à l’impôt en France et subissent la taxation des loyers, des plus-values en cas de revente de leur bien et les droits de donation et de succession. Les revenus tirés des loyers perçus en France sont taxés à un taux minimum de 20% ou même 30%, ce qui est supérieur au taux des premières tranches du barème applicables aux Français qui vivent sur le territoire national. Les expatriés sont également assujettis aux prélèvements sociaux sur les loyers français et voient appliquer le taux de 17,2%, s’ils habitent et cotisent dans un pays de l’Espace économique européen ou en Suisse, ou un taux de 7,5 % s’ils habitent en dehors de cette zone. Enfin, les expatriés doivent également composer avec les contraintes de la gestion locative à distance.