Le consensus au sein de la BCE se brise alors que les hausses de taux à venir suscitent des désaccords

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Lundi dernier, Robert Holzmann, gouverneur de la Banque centrale autrichienne, a émis une proposition radicale en matière de politique monétaire en affirmant que l’inflation sous-jacente restera élevée au moins jusqu’à l’été. Il a donc suggéré une série de quatre hausses de taux d’un demi-point de pourcentage entre mars et juillet, ce qui porterait le taux de dépôt à 4,5 %. Cette position est en contraste avec celle de Philip Lane, chef économiste de la Banque centrale européenne, qui préconise une approche plus pragmatique. Il a averti contre toute forme de pilotage automatique dans l’augmentation des taux.

Bien que Robert Holzmann soit connu pour être le plus dur des faucons en matière de politique monétaire, cette fois-ci, ses déclarations ont eu plus d’impact que d’habitude sur les marchés. Les taux à dix ans des Etats européens sont remontés dans l’après-midi après avoir baissé en début de journée. Les investisseurs cherchent maintenant à savoir quelle impulsion la BCE donnera à sa politique monétaire lors de sa prochaine réunion, et les messages contradictoires des différents camps alimentent la nervosité des marchés.

Bien qu’il soit acquis qu’il y aura une hausse de 50 points de base la semaine prochaine, la belle unanimité qui prévalait jusqu’à présent pour décider des premières hausses de taux pourrait sérieusement se fissurer le 16 mars. Philip Lane, économiste en chef de la BCE, a admis que d’autres hausses de taux seraient nécessaires, mais il a mis en garde contre toute forme de pilotage automatique dans l’augmentation des taux.