Comment Intermarché prévoit de financer sa stratégie de guerre des prix

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Le nouveau président des Mousquetaires a décidé de faire du discount la priorité de sa nouvelle stratégie. Pour y parvenir, il a pris plusieurs mesures, notamment l’arrêt du financement des filiales étrangères de l’entreprise, la rationalisation de son outil industriel et la réalisation d’économies de coûts.

Un mois après son élection à la tête de la Société des Mousquetaires, Thierry Cotillard, qui exploite déjà trois magasins en région parisienne, s’apprête à fixer la feuille de route des 3 000 adhérents du groupement d’indépendants. Pour ce faire, il entamera un tour de France en avril prochain. Sa stratégie vise à redonner de l’élan à Intermarché, dont les ventes ont à peine progressé de 2 % en 2022 malgré une inflation de 13 %, en se concentrant sur les prix bas, les économies de coûts, l’optimisation de l’outil industriel et le digital.

Une des mesures de cette nouvelle stratégie consistera à rendre autonomes les filiales étrangères d’Intermarché, situées au Portugal, en Pologne et en Belgique, qui exploitent plus de 800 supermarchés au total. Le groupement ne financera plus leur développement et envisage de proposer aux adhérents locaux de racheter les murs de leurs magasins, qui appartiennent actuellement à la maison mère française. Cette opération pourrait générer plusieurs centaines de millions d’euros qui seraient réinvestis dans les prix pratiqués en France.

Le président des Mousquetaires affirme que le discount sera la priorité numéro un d’Intermarché, qui doit faire face à la concurrence de Leclerc, le moins cher des distributeurs généralistes. Pour financer cette guerre des prix, il prévoit de réaliser des économies de coûts, notamment en réduisant considérablement le budget consultant du siège et en optimisant encore la logistique, avec une livraison de certains magasins trois fois par semaine au lieu de quatre.

Thierry Cotillard insiste sur le fait que, malgré la question clé du pouvoir d’achat en période d’inflation, Intermarché ne veut pas abandonner son parcours vers une alimentation plus durable. Néanmoins, il compte développer les marques de distributeur d’Intermarché, qui devront passer de 31 % à 34 % des ventes en 18 mois. Il prévoit également une baisse des volumes des marques nationales et une réduction des marges des sites d’Agromousquetaires. En outre, la commercialisation des données clients pourrait générer une cinquantaine de millions d’euros qui seraient également réinvestis dans les prix.

Enfin, pour relancer Intermarché, Thierry Cotillard a appelé les adhérents du groupement à se mobiliser. Il leur demande de consacrer un tiers de leur temps aux structures centrales, afin de remplacer les consultants. L’appel à la mobilisation a déjà été suivi par 200 Mousquetaires.