Comprendre la chute de SVB

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La Silicon Valley Bank, qui se spécialisait dans le financement de start-up, a subi une « bank run » menant à sa fermeture par les autorités américaines le 10 mars, ce qui représente la plus grande faillite bancaire aux États-Unis depuis la crise de 2008. La banque gérait les fonds des start-up financées par des fonds de capital-risque et de capital investissement et prêtait également de l’argent à ces fonds ou aux dirigeants de ces jeunes pousses.

Elle était le partenaire bancaire de près de la moitié des start-up américaines financées par capital-risque cotées en Bourse en 2022. La déroute de la Silicon Valley Bank est due à son excès de liquidités, lié à la levée de fonds importantes réalisées par les start-up en 2021. Cet excès a été investi dans des placements peu rémunérés et à faible risque, notamment des bons du Trésor américain.

Cependant, la déroute des valeurs technologiques à partir de 2022 a conduit les start-up à « brûler du cash », délaissant ainsi les dépôts auprès de la banque, qui s’est retrouvée dépourvue de ressources. Pour faire face aux retraits massifs, la banque a dû liquider ses obligations, souvent des titres adossés à des créances hypothécaires d’agences fédérales, ce qui lui a valu une perte de 1,8 milliard de dollars. Cette annonce a créé une onde de choc chez les clients, qui ont perdu confiance en la banque et ont voulu retirer leur argent.

Cela a mené à un « bank run », qui a laissé la Silicon Valley Bank exsangue en l’espace de quelques heures. Les autorités américaines ont fermé la banque le lendemain pour protéger les dépôts et limiter le risque de contagion, en confiant son administration à l’agence qui gère l’assurance des dépôts bancaires.