Les Bourses régionales allemandes tirent profit du modèle économique du « zéro frais »

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La réforme européenne des marchés financiers remet en question le modèle économique des néocourtiers et des bourses de Hambourg, Berlin et Stuttgart qui se basent sur le paiement pour flux d’ordres. Seule l’autorité financière allemande, la BaFin, autorise explicitement ce modèle économique qui a permis aux fintechs allemandes comme Trade Republic ou Scalable de proposer des transactions pratiquement sans frais ou à frais réduits à leurs clients. Cependant, la réforme européenne sur le contrôle des marchés financiers (MiFid et Mifir) pourrait menacer cet écosystème. Malgré cela, le compromis trouvé en décembre 2022 permet encore aux États membres de choisir d’autoriser ou non le paiement pour flux d’ordres. Les superviseurs devraient analyser les conséquences de cette pratique et réfléchir à des mesures réglementaires moins restrictives avant de l’interdire.

La BaFin fait valoir que les paiements pour flux d’ordres permettent d’attirer les petits investisseurs vers les marchés financiers, ce qui est particulièrement important en Allemagne où 80 % des personnes préfèrent épargner plutôt qu’investir. Selon la BaFin, ces paiements sont à l’avantage des actionnaires pour des volumes de transaction allant jusqu’à 2 000 euros pour les actions DAX et jusqu’à 500 euros pour les actions hors DAX. Elle rappelle également que la taille moyenne des transactions des clients des néocourtiers est d’environ 350 euros pour le Dax et de 250 euros en dehors du Dax. En revanche, le paiement pour flux d’ordres pose un problème de transparence des prix.

Les transactions avec paiements pour flux d’ordres sont dominées par les plateformes de Munich, Tradegate, et de Hambourg, Lang & Schwarz, qui assuraient 90 % des transactions de ce type en 2021, selon la BaFin. Cependant, l’Esma et les organisations de consommateurs s’inquiètent des risques de conflits d’intérêts au profit de ces plateformes et aux dépens des investisseurs. La commission reçue par les néocourtiers de leurs partenaires se situe généralement autour de 3 euros par ordre de client, mais pour les opérations sur produits dérivés, les commissions peuvent aller jusqu’à 25 euros par ordre de négociation, comme l’indique Scalable Capital dans ses documents clients, ce qui peut être considéré comme excessif par les consommateurs. Même pour des offres « zéro euro par ordre », il n’y a rien de gratuit, souligne la fédération allemande des associations de consommateurs.