Est-ce que l’effondrement du marché immobilier va conduire à une crise importante ?

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La baisse du marché immobilier pourrait bien nous entraîner dans une crise immobilière. Les derniers chiffres sont particulièrement inquiétants. Les prêts à taux exceptionnellement bas, comme ceux que nous avions encore l’année dernière, appartiennent désormais au passé. Les chiffres de production de crédits immobiliers sont très alarmants.

En février, les banques ont prêté moins de 15 milliards d’euros, soit une baisse de 40 % par rapport à l’année dernière. Cette chute brutale n’est pas due à un simple recul, mais à un effondrement. En excluant les renégociations de crédits, le volume mensuel tombe à environ 12 milliards d’euros, ce qui équivaut au niveau atteint pendant le pic de la pandémie de Covid en 2020, lorsque les agences immobilières étaient fermées.

La principale cause de cette forte baisse est l’augmentation des taux d’intérêt. Lorsque les banques centrales augmentent leurs taux, les coûts de refinancement pour les banques augmentent également. Par conséquent, elles appliquent des taux plus élevés aux ménages lorsqu’elles accordent des prêts. En mars, le taux moyen est passé à 2,58 %, soit le même niveau qu’en 2015. Aujourd’hui, la plupart des prêts sont accordés à des taux supérieurs à 3 %. Le taux moyen a doublé en 12 mois. Le coût des prêts immobiliers augmente, tandis que les prix des maisons et des appartements ne baissent pas encore nettement.

Le marché se fige. Les acheteurs sont moins intéressés, car ils pensent que cela coûtera moins cher demain. Et quand ils sont intéressés, ils n’ont pas toujours les moyens de payer, car la hausse des taux rend les acheteurs insolvables. Pour sortir de cette spirale négative, le gouvernement envisage d’autoriser les ménages à s’endetter un peu plus pour obtenir un prêt immobilier. Mais il est difficile de sortir de cette situation, car les banques centrales doivent encore lutter contre l’inflation.

En outre, les vendeurs ne veulent pas encore baisser nettement les prix, et la demande risque de rester faible. La construction de nouveaux logements risque également de ralentir, car les promoteurs ne veulent pas investir dans des terrains coûteux si les prix de vente risquent de baisser. À court et peut-être à moyen terme, nous sommes confrontés à un vrai risque de crise économique pour tout le secteur de l’immobilier. Cependant, à long terme, la demande en logements reste forte car de nombreux Français rêvent de déménager et il y a un manque de logements.