La Banque Centrale Européenne alerte sur les dangers associés aux investissements dans les fonds immobiliers

Date:

Les turbulences sur les autres marchés pourraient se propager sur le marché immobilier européen, obligeant les fonds immobiliers à vendre rapidement des actifs pour faire face à des demandes de retrait massives, accélérant ainsi la baisse des prix. La Banque centrale européenne a récemment souligné dans son dernier bulletin macroprudentiel la nécessité pour les fonds immobiliers de prendre en compte les problèmes des marchés voisins pour mieux se préparer à une contagion éventuelle. Les fonds immobiliers en zone euro ont pris une importance considérable en prenant le relais d’une partie du financement bancaire ces dernières années, passant de 323 milliards d’euros à 1 040 milliards entre 2012 et 2022.

Ils représentent maintenant 40 % du marché de l’immobilier commercial, au lieu de 20 % en 2013. Cependant, leur vulnérabilité structurelle a été mise en évidence. En effet, les enquêtes menées auprès des investisseurs ont montré que la baisse des transactions au dernier trimestre 2022 suscite des craintes de correction profonde. En outre, il y a une incompatibilité entre la liquidité des actifs et les conditions de retrait, car les fonds immobiliers ont leur actif basé sur le long terme (immobilier) et leur passif sur le court terme (investissements des institutionnels et des particuliers).

Si ces derniers souhaitent tous vendre leurs parts en même temps, les fonds ne peuvent répondre à leur demande. Bien qu’il y ait des outils pour éviter aux fonds de vendre précipitamment leurs actifs immobiliers, tels que les poches de liquidités ou des mécanismes de suspension, ces outils ne sont pas harmonisés en Europe et sont très limités dans certaines juridictions. Les fonds immobiliers sont donc considérés comme un dernier recours pour les investisseurs.