Orpea enregistre une perte nette de 4 milliards d’euros

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Orpea, spécialiste des maisons de retraite, a été fortement affecté par les révélations sur ses pratiques à la suite de la publication du livre « Les Fossoyeurs ». Les résultats annuels de l’entreprise illustrent la débâcle du groupe. Laurent Guillot, le PDG d’Orpea, a qualifié l’année 2022 de l' »année de la rupture ». Le groupe a annoncé une perte nette de 4 milliards d’euros pour l’exercice 2022, malgré une augmentation de son chiffre d’affaires de 9 %. Cette situation contraste avec l’année précédente où le groupe avait gagné 65 millions d’euros. Les actions d’Orpea ont immédiatement chuté de plus de 4 % à la Bourse.

Depuis la publication de l’ouvrage « Les Fossoyeurs » de Victor Castanet en janvier de l’année dernière, Orpea a été plongé dans une crise, voire un cauchemar. L’auteur y décrit les mauvaises conditions de traitement des personnes âgées dans les établissements de la marque et les abus financiers. Ce livre a fait scandale et a précipité la société dans la tourmente. Depuis lors, Orpea est passé sous le contrôle de la Caisse des dépôts, qui détient désormais 51 % de son capital avec un groupe d’investisseurs (CNP, MAIF, MACSF). En mars, l’entreprise a obtenu une procédure de sauvegarde accélérée pour lancer sa restructuration, étant étranglée par une dette d’environ 10 milliards d’euros.

Les marges opérationnelles d’Orpea ont été affectées l’année dernière par l’inflation, tandis que la dépréciation des biens immobiliers de l’entreprise a aggravé les pertes. Laurent Guillot, qui a pris la direction du groupe l’été dernier, a déclaré qu’il n’y avait « pas de surprise » après une telle année. Les actifs immobiliers d’Orpea ont été réévalués à la baisse et l’entreprise vise à « remettre les ensembles immobiliers au coût historique et non plus en valeur réévaluée ». Selon le directeur financier, Laurent Lemaire, la valeur des bâtiments dépend maintenant davantage du business plan des établissements.

Bien que l’activité soit restée résiliente, l’augmentation légère du taux moyen d’occupation n’a pas suffi à compenser les effets de l’inflation et la diminution des compensations liées à la Covid. La marge est passée de 25 % l’année précédente à 16,7 %. L’inflation, la hausse des charges de personnel et la fin des compensations Covid dans certains pays ont eu un impact négatif sur les comptes.