La nouvelle proposition d’EDF pour préserver ses barrages face à la mise en concurrence

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EDF propose une approche radicalement nouvelle pour résoudre le conflit opposant la France à la Commission européenne concernant la remise en concurrence des barrages hydroélectriques français. L’entreprise plaide en faveur de la rétrocession de la propriété des barrages actuellement sous concession. Cette proposition vise à libérer le potentiel de l’hydroélectricité française en permettant une augmentation significative de la production d’électricité renouvelable.

L’énergie hydroélectrique est cruciale pour la France, car elle représente à elle seule 11 % de la production nationale d’électricité. Elle a le potentiel de produire encore plus d’énergie ou de servir de stockage pour l’énergie générée par d’autres sources renouvelables, telles que l’éolien et le solaire.

Selon les spécialistes, la modernisation des infrastructures existantes, notamment chez EDF qui détient 70 % de la production hydroélectrique en France, permettrait d’augmenter la capacité de près de 3 GW, soit une augmentation de 10 % du parc installé actuel d’environ 26 GW. D’autres gains pourraient être réalisés chez les autres opérateurs du marché, tels que la Compagnie nationale du Rhône (CNR), la Société Hydro-Électrique du Midi (SHEM) et d’autres candidats souhaitant investir sur le marché français.

Cependant, le différend entre la France et la Commission européenne empêche actuellement toute concrétisation de ces projets. La France a été mise en demeure par Bruxelles en 2015 et à nouveau en 2019 pour ouvrir à la concurrence les concessions d’exploitation des barrages arrivées à échéance. Pour le moment, la France maintient le statu quo, sans ouverture à la concurrence ni nouveaux investissements dans ces infrastructures.

Actuellement, 38 concessions sont arrivées à échéance mais continuent d’être exploitées dans un cadre temporaire. Cette situation devient de plus en plus préoccupante pour la Cour des comptes, qui craint une détérioration de la gestion globale du parc hydroélectrique.

Face à ce dilemme, la nouvelle direction d’EDF propose une approche radicalement différente. Elle souhaite abandonner le modèle de concessions au profit d’un régime d’autorisations d’exploitation, ce qui permettrait à EDF de devenir propriétaire des barrages hydroélectriques au lieu de l’État. Cette proposition vise à permettre à EDF d’exploiter ces infrastructures sans entraves et sans avoir à réorganiser sa structure pour répondre aux exigences de Bruxelles. Ainsi, EDF pourrait continuer à exploiter les barrages sans devoir créer une entité spécifique chargée de les gérer pour le compte de l’État.

Cette proposition n’est pas sans précédent. En 1980, les anciennes concessions hydrauliques d’une puissance comprise entre 500 kW et 4,5 MW sont devenues des « concessions autorisables », et à l’expiration de leur titre, un certain nombre de barrages devaient être déclassés et cédés par l’État.