Prévisions immobilières : Quelles diminutions de prix peut-on anticiper dans les mois à venir ?

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Les Notaires de France analysent les avant-contrats pour prévoir l’état futur du marché immobilier ancien. Quelles sont les attentes en termes de transactions et d’évolution des prix ?

Le marché immobilier connaît un tournant majeur. Après plusieurs années de taux d’intérêt bas favorisant le pouvoir d’achat des ménages et les prix immobiliers, le retour à la normale est brutal. Conséquence collatérale de la lutte contre l’inflation, le taux moyen d’emprunt a triplé en quinze mois, passant de 1,07 % en janvier 2022 à 3,15 % en avril dernier, selon l’Observatoire Crédit Logement CSA.

La diminution de l’effet de levier du crédit a des répercussions concrètes : les transactions immobilières marquent le pas. Selon la note de conjoncture des Notaires de France publiée le 15 mai, le volume des transactions en France, hors Mayotte, sur douze mois, est passé de 1 205 000 en août 2021 (le dernier pic atteint) à 1 083 000 fin février 2023.

Retour en dessous du million « Si le volume des transactions a connu une baisse d’environ 5,5 % depuis l’été 2022, il est maintenant en baisse de 8,1 % sur un an à fin février. […] À ce rythme, le volume des transactions pourrait repasser en dessous du million à la fin de l’été », prédisent les notaires. Cette année, les professionnels de l’immobilier se préparent donc à abandonner leur « printemps de l’immobilier », cette période précédant l’été où les ventes s’accélèrent.

Bien que les Notaires de France reconnaissent que « la baisse s’est subitement accélérée », ils rappellent également que la période précédente, marquée par des records de transactions, était atypique. Cela permet de mettre en perspective ce recul du volume des opérations immobilières.

« Depuis août 2021, ce volume diminue après une période haussière extrêmement concentrée et exceptionnelle, retrouvant ainsi le niveau observé juste avant la crise sanitaire », rappellent les Notaires de France.

Selon les chiffres diffusés par les notaires remontant à février 2003, avant 2019 et l’accès à des taux immobiliers moyens d’environ 1 %, le volume d’opérations immobilières sur un an n’avait jamais dépassé la barre symbolique du million. Par conséquent, la situation actuelle est encore loin de la chute mémorable survenue après la crise financière des subprimes. À son plus bas, le nombre de transactions avait chuté à 564 000 opérations sur douze mois.

Cependant, tout comme la crise de 2008-2009 s’est traduite par une baisse des prix, le changement de paradigme actuel laisse présager une baisse des prix immobiliers. Cela se manifeste déjà à Paris, en périphérie parisienne et dans certaines grandes villes de France.