Entre apaisement des prix des matières premières et nuages menaçants à l’horizon

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Le 37e rapport annuel du Cyclope dresse le bilan de l’année 2022, la troisième année d’une crise mondiale marquée par des crises sanitaires, des ralentissements économiques, des flambées des marchés et des conflits armés. Mi-2023, les prix des principales matières premières connaissent un apaisement, mais des nuages menaçants s’accumulent à l’horizon.

Intitulé « Les cavaliers de l’Apocalypse », le Cyclope 2023, ouvrage de référence sur les matières premières publié ce mardi matin, suscite des questionnements quant à une vision pessimiste de l’avenir. Pourtant, étymologiquement, le mot grec « apocalypsis » signifie « mise à nu » ou « dévoilement », reflétant une interrogation sur l’avenir plutôt qu’une prédiction. Explications.

Philippe Chalmin, codirecteur de l’ouvrage et professeur émérite d’histoire économique à l’Université Paris-Dauphine PSL, raconte : « Dans le chapitre VI de l’Apocalypse de Jean, les quatre cavaliers de la guerre, de la famine, de la peste et des bêtes sauvages apparaissent. La guerre en Ukraine, les menaces sur la sécurité alimentaire mondiale, la pandémie et le changement climatique sont les « cavaliers » qui ont frappé une partie de l’humanité en 2022 et continuent de la menacer. »

Ces quatre cavaliers ont remis en question de nombreuses certitudes. Ces derniers mois, les marchés mondiaux ont été témoins d’une grande volatilité, marquée par une crise énergétique majeure comparable à celle des années 70, des crises agricoles et industrielles, ainsi qu’une crise climatique dont l’ampleur reste difficile à évaluer.

La situation actuelle montre un certain apaisement. « C’est le calme après une tempête particulièrement violente », résume Philippe Chalmin. « L’Europe a pratiquement réussi à se détacher du gaz russe grâce à un hiver clément. Dans les mois à venir, une certaine stabilité est prévisible sur le front de l’énergie. » Mi-mai, les prix du gaz sont tombés en dessous de 32 euros le MWh, atteignant leur plus bas niveau en deux ans. Depuis le début de l’année, ils ont chuté de près de 60 %. Les craintes d’un ralentissement économique marqué ont fait baisser les prix du pétrole d’environ 40 % en un an. Cela malgré les efforts considérables de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) pour réduire la production et maintenir un prix élevé, afin de pouvoir investir dans d’autres secteurs.