L’assurance-emprunteur : un levier pour réduire le coût de son crédit immobilier

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L’assurance-emprunteur représente le deuxième poste de dépenses d’un crédit immobilier, juste après le taux d’intérêt. Cette dépense peut toutefois être réduite grâce à la délégation d’assurance, qu’elle soit souscrite lors de l’octroi du crédit ou en cours de remboursement. Voyons en détail comment cela fonctionne.

À une époque où les taux d’intérêt des crédits immobiliers augmentent et où le pouvoir d’achat immobilier diminue, l’assurance décès et invalidité prélevée chaque mois pendant toute la durée du crédit représente un poids considérable dans le coût total du financement. Il existe deux moments clés pour agir et essayer de réduire cette dépense.

Au moment de la souscription, les personnes à la recherche d’un crédit se voient généralement proposer par la banque qui finance leur dossier une assurance décès de groupe, incluse dans les simulations et l’offre de prêt. Cependant, la loi permet une alternative : souscrire une telle couverture en dehors de l’établissement prêteur, c’est-à-dire auprès d’une compagnie d’assurance externe.

Bien souvent, les tarifs de ces assurances individuelles, appelées « en délégation », sont beaucoup plus avantageux. « Cela vaut pour toutes les tranches d’âge, avec des écarts de primes pouvant aller du simple au triple », affirme Astrid Cousin, porte-parole du courtier Magnolia.fr.

Cependant, dans le contexte actuel où obtenir un accord de la part d’une banque n’est plus une formalité, de nombreuses personnes s’interrogent sur l’opportunité d’aborder ce sujet de peur de se voir refuser le prêt et de compromettre leur projet, comme le souligne Agnès Bruhat, directrice générale de MetLife France.

En plus de cette autocensure, le courtier Magnolia a constaté une baisse de 30 % de l’acceptation de la délégation d’assurance pour les nouveaux crédits au cours de l’année écoulée, depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine qui facilite le changement d’assurance à tout moment et sans frais.

« Afin de maintenir des marges confortables sur ces produits d’assurance, les banques multiplient les obstacles pour éviter la délégation d’assurance à la souscription », affirme Astrid Cousin. Dans une période où les barèmes des crédits augmentent chaque mois, le timing est parfois serré. Il vaut mieux donc faire jouer la concurrence et revenir voir son banquier avec une proposition moins coûteuse.

« Si une banque souhaite vraiment attirer un client qui l’intéresse, certaines n’hésiteront pas à s’aligner sur les tarifs de la concurrence », affirme Olivier Lendrevie, président de Cafpi. « D’autres peuvent être réticentes sur ce sujet », ajoute Astrid Cousin.