Gaya souhaite profiter de la tendance des vélos allongés

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Cette start-up dirigée par Amélie Guicheney vise à attirer les familles avec un type de vélo-cargo. Elle vient de réussir à lever 2 millions d’euros.

Les investissements dans le secteur technologique sont souvent cycliques. Ces dernières années, des start-up spécialisées dans les vélos électriques (VanMoof, Cowboy, Angell, etc.) ont suscité l’enthousiasme des fonds d’investissement et ont tenté de profiter de l’extraordinaire boom du vélo pendant la pandémie.

Cependant, ces entreprises ont dû réduire leurs activités, voire faire face à des difficultés financières, à l’instar de VanMoof. Cela a refroidi l’ardeur des investisseurs. « Nous savions que le matériel pour les particuliers était difficile. Mais nous avons peut-être un peu sous-estimé l’ampleur de la tâche », confie un associé d’un fonds américain.

Gaya, la start-up française spécialisée dans les vélos allongés, a rapidement compris cette nouvelle réalité lorsqu’elle s’est lancée en 2021. De plus, elle a mené sa levée de fonds en pleine période financière difficile. « Au cours de l’année écoulée, le marché s’est vraiment refroidi », constate Amélie Guicheney, cofondatrice de la start-up avec Jacques Bonneville.

Une marque familiale Malgré tout, Gaya a réussi à lever 2 millions d’euros, dont 1,6 million auprès du fonds Via ID et 400 000 euros de dette auprès de la fintech Karmen. Dès le départ, la start-up a adopté une approche différente de VanMoof ou Cowboy en lançant une marque qui se veut familiale, sécurisante et abordable dans sa catégorie.

Les résultats sont encourageants. « Nous avons lancé la commercialisation en juin 2022 et avons vendu 1 000 vélos », affirme Amélie Guicheney, ancienne d’Evaneos. Les vélos allongés, qui font partie de la famille des cargos, rencontrent un vif succès en ce moment. A tel point que toutes les marques, y compris Decathlon, un concurrent redoutable, s’y mettent…

« Nous sommes sur le segment le plus dynamique du marché, qui permet une véritable transition modale de la voiture vers le vélo », insiste la dirigeante, qui se déplace quotidiennement à Paris avec son enfant sur son vélo. Pour se démarquer, Gaya a dès le début créé une image forte avec des vélos aux formes généreuses, aux couleurs vives et pouvant être géolocalisés à tout moment via une application.

La start-up a également misé sur les batteries réparables de la start-up bordelaise Gouach. Pour se faire connaître, elle a beaucoup investi dans le marketing numérique. Elle est très active sur les réseaux sociaux et a par exemple prêté ses vélos à des influenceurs. Parallèlement, Gaya a ouvert une boutique le long du canal Saint-Martin, un haut lieu du cyclisme urbain, et organise des tests à Nantes, Lyon ou Bordeaux, des villes à fort potentiel cyclable.