Crédit Mutuel Innovation prévoit d’injecter 50 millions d’euros chaque année dans les start-up.

Date:

La filiale capital-risque de Crédit Mutuel Equity, après avoir augmenté ses fonds propres, souhaite accroître ses investissements dans les jeunes entreprises de la deeptech, de la santé et du numérique.

Dans un contexte où les levées de fonds se font rares pour les start-up, quelques investisseurs se démarquent. C’est le cas de Crédit Mutuel Innovation (CMI), qui annonce le doublement de ses capitaux propres, passant de 250 à 500 millions d’euros.

Ces moyens renforcés permettront à la filiale de Crédit Mutuel Equity spécialisée dans le capital-risque d’accélérer ses investissements. L’objectif est d’investir 50 millions d’euros par an à partir de 2024, en augmentant à la fois le montant des investissements et le nombre de projets soutenus.

Ce changement de rythme est déjà perceptible. Ce mois-ci, CMI a participé à une levée de fonds de 25 millions d’euros pour l’agence de voyages en ligne Worldia. Deux mois auparavant, elle soutenait Glopal (logiciel d’e-commerce) dans une opération de 20 millions d’euros.

Ces investissements s’inscrivent dans la continuité de ceux réalisés l’année dernière. En 2022, des entreprises telles qu’Implicity (télésurveillance cardiaque), Latitude (spatial) et Neobrain (RH) ont rejoint le portefeuille de CMI, qui compte désormais 40 entreprises innovantes.

CMI prévoit de continuer à mener ou à co-diriger des levées de fonds en série A ou B, avec un investissement moyen d’environ 5 millions d’euros. Les secteurs privilégiés restent le numérique, la deeptech industrielle et la santé.

Xavier Deleplace, directeur général de Crédit Mutuel Innovation, observe que les investissements dans le numérique ont retrouvé des valorisations et des montants comparables à ceux d’avant le boom de 2018. Cependant, il constate une accélération claire des investissements dans la deeptech et la santé numérique. Une inquiétude subsiste quant à la capacité des partenaires VC (venture capitalists) à lever à nouveau des fonds pour accompagner le développement des start-up à plus long terme.

La question de la sortie des investissements constitue un point différenciant pour CMI. Contrairement aux fonds classiques, qui imposent souvent un horizon temporel fixe, CMI s’adapte autant que possible au rythme de croissance de la start-up. Ainsi, si la date de sortie initialement prévue ne convient plus à l’entreprise en raison de l’évolution de son modèle économique, CMI peut décaler la sortie. Alors que la détention moyenne en capital-risque est de cinq ans, CMI prévoit plutôt une période de sept à neuf ans.

Au cours des trois dernières années, la filiale de Crédit Mutuel a cédé ses participations dans les entreprises medtech Oncodesign, Universign (signature électronique) et Diota (réalité virtuelle). Ces projets ont été suivis en moyenne pendant neuf ans.