Vizzia, la start-up déterminée à éradiquer les déchets urbains

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Une start-up a récolté 3,4 millions d’euros pour accélérer le déploiement de sa technologie de vidéosurveillance visant à identifier les responsables de dépôts sauvages de déchets dans les villes et les espaces naturels.

Les dépôts illégaux de déchets sont un problème majeur, entraînant la pollution des sols, de l’air et des cours d’eau, ainsi que la dégradation du cadre de vie, des nuisances et des risques sanitaires. Chaque année, plus d’un million de tonnes de déchets sont abandonnées en France, allant des bouteilles en plastique aux encombrants déposés illégalement par des entreprises. Ce phénomène pose un défi majeur pour les collectivités locales et les gestionnaires d’espaces naturels qui se retrouvent dépassés par l’ampleur de la situation.

Selon Katrin Dimitrova, cofondatrice de Vizzia, il est estimé qu’il y a plus d’une centaine de décharges sauvages rien qu’en Île-de-France. Les coûts supportés par les collectivités sont de plus en plus importants. Par exemple, dans le Val-d’Oise, le conseil départemental dépense chaque année 1,2 million d’euros pour le nettoyage de ses routes.

Après s’être rencontrés à HEC, Katrin Dimitrova et Alexandre Leboucher ont décidé de s’investir dans un projet à impact et ont fondé Vizzia en mai 2021. Ils ont développé la Vizzia Cam, un dispositif vidéo modulable équipé d’un algorithme d’analyse d’images qui détecte et enregistre les dépôts sauvages sur des zones à risques. Grâce à cet outil, le temps consacré à la surveillance des flux vidéo est considérablement réduit, permettant aux clients de recevoir automatiquement les images pertinentes.

Bien que des réglementations récentes aient été mises en place pour lutter contre les dépôts illégaux de déchets, les gestionnaires de territoires se retrouvent souvent démunis et manquent de moyens pour identifier et sanctionner les responsables. Pour remédier à cela, Vizzia a développé une interface qui automatise la mise en œuvre de ces procédures judiciaires.

Le dispositif permet également de mieux comprendre les besoins du territoire afin de justifier la création de points d’apport volontaire aux endroits stratégiques. La solution a déjà séduit une quinzaine de villes et de gestionnaires de territoires, allant de Garges-lès-Gonesse à Porto-Vecchio en passant par Montélimar et la forêt de Dourdan pour le compte de l’Office national des forêts. Vizzia vise à équiper une quinzaine de nouvelles villes d’ici septembre et vise cinquante contrats d’ici la fin de l’année. La Ville de Paris est également en discussion avec la start-up.