Est-ce que les SCPI sont capables de faire face à la diminution des prix immobiliers ?

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Les placements immobiliers, autrefois considérés comme des remparts contre l’inflation, ne sont plus à l’abri des turbulences économiques. Les SCPI (sociétés civiles de placements immobiliers) continuent de résister, mais un cycle de déclin de la valeur des actifs a été enclenché, ce qui soulève des questions sur les conséquences de cette situation.

Les grands gestionnaires d’actifs surveillent de près l’immobilier d’entreprise, car le cycle de hausse des taux d’intérêt et l’émergence du télétravail ont bouleversé le marché des bureaux, mettant en doute la valorisation et la rentabilité de ces actifs. Par conséquent, l’attention se porte également sur les fonds immobiliers grand public, en particulier les parts de SCPI détenues par les particuliers, souvent dans le cadre de leur assurance-vie.

Les SCPI continuent de tirer leur épingle du jeu. Au premier trimestre, la collecte nette des SCPI est restée positive, s’élevant à 2,4 milliards d’euros, mais elle a diminué de 10 % par rapport à la même période de l’année précédente, selon les données publiées par l’Association française des sociétés civiles de placement immobilier (ASPIM) et l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF). Bien que ce niveau de collecte reste dans la moyenne des cinq dernières années, il est en baisse après une année 2022 record. Malgré cela, les fonds continuent d’être collectés et les sociétés de gestion distribuent des revenus provenant des loyers conformément aux attentes.

Le taux de distribution moyen des SCPI au premier trimestre s’est établi à 1,06 %, un niveau similaire à celui de l’année précédente, selon le bilan des performances des fonds immobiliers grand public publié par l’ASPIM et l’IEIF. Pour l’ensemble de l’année 2023, une performance moyenne d’au moins 4,5 % est anticipée par Jean-Marc Coly, président de l’ASPIM.

Cependant, pour maintenir ce niveau de performance et combler la différence par rapport au premier trimestre, il faut compter sur le soutien traditionnellement apporté en fin d’année. En effet, lors du versement du dernier acompte de l’année au quatrième trimestre, les gérants complètent généralement l’acompte ordinaire par des distributions exceptionnelles, telles que des reports à nouveau ou des plus-values, explique l’ASPIM.

Alors que les SCPI continuent d’afficher leur résistance, la situation est plus sombre pour les autres catégories de fonds immobiliers exposés aux marchés financiers, notamment les OPCI (organismes de placement collectif immobilier), qui ont enregistré des performances négatives au premier trimestre (-1,5 %), selon le bilan de l’ASPIM.