Début difficile pour le concurrent de l’EPR aux États-Unis dans le secteur nucléaire

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Le premier des deux réacteurs nucléaires AP1000 en construction aux États-Unis est enfin entré en service, après sept ans de retard et un coût deux fois plus élevé que prévu. Malgré cela, le marché du renouvellement des grands réacteurs reste actuellement stagnant.

Après de nombreuses années de retard et de dépassements budgétaires, le premier réacteur nucléaire AP1000 construit aux États-Unis à la centrale de Vogtle, en Géorgie, devrait enfin être opérationnel d’ici la fin du mois. Lors de ses derniers essais, Vogtle 3 a été capable de fonctionner à pleine capacité, produisant ainsi plus de 1 100 mégawatts, ce qui suffirait à alimenter en électricité environ un demi-million de foyers de manière continue, selon l’opérateur.

Kim Greene, PDG de Georgia Power, principal actionnaire de Vogtle, a salué cette avancée en déclarant : « Cela indique que nous sommes sur le point de terminer cette unité en toute sécurité et de la mettre en service pour fournir de l’énergie fiable et sans émissions aux foyers et aux entreprises de Géorgie au cours des décennies à venir. »

Il s’agit d’un symbole important, car tout comme l’EPR français, l’AP1000, conçu par Westinghouse, est classé parmi les réacteurs de « troisième génération » en raison de ses systèmes de sécurité plus avancés que ceux des réacteurs actuellement en fonctionnement.

De plus, Vogtle 3 est le premier réacteur nucléaire à être mis en service aux États-Unis depuis Watts Bar 2 en 2016, qui était lui-même le fruit d’un chantier entamé trente ans auparavant. Avant cela, les dernières mises en service de réacteurs aux États-Unis remontaient au début des années 1990. Un deuxième réacteur AP1000, Vogtle 4, devrait être lancé d’ici la fin de l’année, car ils sont construits par paire.

Cependant, cette réalisation a été le résultat d’un processus difficile. Les premiers kilowattheures ont été livrés avec sept ans de retard, et le coût total des deux réacteurs, y compris le financement, dépasse les 30 milliards de dollars, soit le double du prix initial estimé.

David Durham, vice-président des systèmes énergétiques chez Westinghouse, explique : « Nous avons commencé la construction sans avoir achevé la conception, ce qui a été une erreur. Nous avons rencontré des problèmes liés à la construction du premier exemplaire, avons changé de constructeur à deux reprises, et Westinghouse a finalement dû se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites. »