L’operating partner : la nouvelle stratégie des fonds de capital-risque

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L’émergence du métier d’accompagnateur de start-up se fait progressivement en France, s’inspirant du modèle américain déjà bien développé depuis une décennie. À cet égard, un événement dédié à la fonction d’accompagnateur de start-up a eu lieu le 1er juin à Paris.

Au sein des start-up, on trouve divers postes atypiques. Parmi ceux-ci, le poste de « chief happiness officer », chargé du bien-être au travail, a marqué les esprits, bien qu’il n’ait pas perduré dans l’écosystème de la French Tech. D’autres métiers moins insolites ont émergé ces dernières années, comme celui de « chief impact officer », responsable de mesurer l’impact positif et négatif de l’entreprise.

Quant aux fonds de capital-risque, qui ont des effectifs plus restreints, ils se dotent de plus en plus d’un nouveau profil : le « partenaire opérationnel » ou « operating partner ». I&S Adviser, un réseau dédié à cette profession, consistant à accompagner de manière opérationnelle les entrepreneurs, a organisé la première édition de « L’Operating Partners Day » le 1er juin à Paris.

« Nous devions créer un événement pour rassembler les bonnes pratiques et expliquer concrètement ce que cela apporte aux entrepreneurs », déclare Isabelle Saladin, présidente d’I&S Adviser.

Un élément distinctif Bien que cette profession existe depuis dix ans aux États-Unis, elle est encore peu développée en France. « Quand j’ai fondé I&S Adviser il y a sept ans, j’avais l’impression de parler chinois. Aujourd’hui, on en entend de plus en plus parler, notamment dans les fonds », ajoute la dirigeante. Un club d' »operating partners » a même été créé au sein de France Invest, l’association regroupant les acteurs du private equity.

Si les start-up recherchent avant tout un soutien financier de la part des investisseurs, certaines souhaitent également être accompagnées sur divers sujets tels que le marketing, les ressources humaines, la gouvernance et les finances. « Cela devient un élément différenciant parmi les fonds », estime Patrick Malka, associé chez Newfund, une société de gestion spécialisée dans l’amorçage, qui compte désormais quatre operating partners. Aux côtés de Serena Capital, Newfund fait partie des premiers à avoir misé sur ces profils.

« Nous pouvons aider une start-up à trouver un expert-comptable, à émettre des BSPCE (sorte de stock-options), à définir une politique de rémunération pour ses commerciaux… Elles ont besoin de nous, non pas pour gérer leur entreprise à leur place, mais pour leur proposer des mises en relation qualifiantes », explique le dirigeant, qui a également créé un accompagnement spécifique pour les start-up souhaitant se développer aux États-Unis (Newfund possédant un bureau outre-Atlantique).