BNP Paribas réintègre la compétition pour Orange Bank

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Faute de recevoir une offre satisfaisante pour l’acquisition de la totalité de son capital, Orange envisage de transférer ses 2 millions de clients en Europe. Cette possibilité intéresse notamment BNP Paribas et sa filiale Hello bank, ce qui lui permettrait de mieux rivaliser avec Boursorama, la filiale de la Société Générale.

Une nouvelle option s’ouvre pour la vente d’Orange Bank et ses 2 millions de clients en Europe. Étant donné l’absence d’un acquéreur approprié pour l’ensemble du capital de sa banque, l’opérateur de télécommunications passe au plan B : le transfert de sa clientèle et la restructuration interne de sa filiale, qui compte 826 employés et est en cours de migration vers un nouveau système informatique.

Ce schéma intéresse les banques qui ont manifesté leur intérêt dès le début du processus, en particulier BNP Paribas, selon nos sources. Ni Orange ni BNP Paribas n’ont fait de commentaire lorsque sollicités.

Le transfert de clientèle est la stratégie qu’avait privilégiée la banque néerlandaise ING pour sa banque en ligne française, en partenariat avec Boursorama (Société Générale). Contrairement à la vente de la banque de détail de HSBC ou d’Orange Bank au départ, ce processus de désengagement avait suscité une forte compétition entre les candidats.

Pour BNP Paribas, l’intérêt réside dans le renforcement de sa banque en ligne, Hello bank. Des discussions avaient déjà été entamées lors d’une première tentative de vente d’Orange Bank en 2021. En ajoutant les 2 millions de clients d’Orange Bank à ses propres 750 000 clients, la filiale de BNP Paribas pourrait mieux rivaliser avec Boursorama et ses 4,9 millions d’utilisateurs.

BNP Paribas, qui possède également Nickel (3 millions de clients), a toujours gardé un œil sur Orange Bank. Le groupe est déjà partenaire dans l’assurance de cette néobanque depuis 2018. Par le biais de sa filiale d’assurance Cardif, il propose aux 1,5 million de clients assurés des garanties contre le vol, la casse ou l’oxydation des téléphones portables.

Jusqu’à présent, Jean-Laurent Bonnafé avait exclu une reprise sous forme d’acquisition capitalistique : « Nous avons déjà indiqué à plusieurs reprises que nous ne sommes pas intéressés par l’acquisition d’une participation ou une possible acquisition d’Orange Bank », avait déclaré le directeur général de BNP Paribas en février. Il ne s’était pas prononcé sur un transfert.

Le schéma à la manière d’ING change la donne pour BNP Paribas, mais pas seulement. Il est possible que ses concurrents ne restent pas non plus les bras croisés. Lorsqu’interrogés sur un nouvel intérêt, Société Générale, Crédit Agricole, Crédit Mutuel (Alliance fédérale et Arkea) ont refusé de commenter.