Les start-up françaises qui acquièrent leurs concurrents américains

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La société spécialisée dans la gestion des talents, Neobrain, a conclu l’acquisition d’une start-up basée à San Francisco, en Californie. Cette expansion externe permet à l’entreprise de s’implanter sur le marché américain tout en renforçant son offre technologique.

Paul Courtaud, fondateur de Neobrain, qualifie cette acquisition de « parcours du combattant ». En effet, l’achat de Flashbrand, une start-up située à San Francisco, constitue une rare opportunité de croissance externe pour les start-up françaises, qui sont plus souvent acquises par leurs homologues américaines. L’année précédente, la licorne française Vestiaire Collective avait acquis Tradesy, une entreprise américaine similaire, afin de devenir leader sur le marché de la seconde main aux États-Unis. Cette opération permettait également aux clients de Tradesy d’échanger des articles en dehors des États-Unis.

Avant cette acquisition, environ 15 % des revenus de Neobrain provenaient déjà des États-Unis. Paul Courtaud explique que tous leurs concurrents sont déjà présents sur le sol américain, c’est pourquoi ils cherchaient une cible leur permettant de renforcer leur offre technologique tout en ciblant le marché américain. Neobrain propose ses services principalement aux grandes entreprises.

Deux autres entreprises américaines avaient également fait une offre pour acquérir la cible de Neobrain, une start-up spécialisée dans l’optimisation de la performance et de l’engagement des collaborateurs.

Plutôt que de rivaliser avec les concurrents américains en termes de valorisation, Neobrain a proposé aux fondateurs de Flashbrand de parier sur l’avenir en leur offrant des parts significatives de Neobrain en plus de l’offre d’achat. Ils ont également conservé un rôle opérationnel au sein de l’entreprise. Ainsi, le fondateur de Flashbrand, Denis Descause, est promu CPO (Chief Product Officer) de Neobrain et prend la tête de la filiale américaine.

Julien Dargaisse, fondateur d’InterviewApp, une start-up qui n’a jamais levé de fonds, souligne que ce n’est pas seulement les scale-up ou les licornes qui peuvent prétendre à des acquisitions aux États-Unis. Il affirme qu’il n’y a pas de complexe d’infériorité à avoir et qu’il y a toujours des opportunités à saisir. L’été dernier, son entreprise a acquis une solution développée par Yobs, une start-up basée à Los Angeles, afin d’enrichir son offre d’optimisation de la performance des processus de recrutement, de mobilité interne et de formation des équipes grâce à une technologie d’entretien vidéo.