Les courtiers immobiliers traversent des difficultés face au crédit immobilier

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Alors que la production de prêts immobiliers a chuté de plus de 40 % en avril par rapport à l’année précédente, les courtiers subissent les conséquences de cette situation. Après avoir bénéficié de taux bas, leur activité devient plus complexe et une consolidation du secteur pourrait s’accélérer.

Le secteur immobilier souffre, et les courtiers ne sont pas épargnés. Selon les chiffres du cabinet Altares, révélés récemment par BFM TV, la profession connaît un nombre record de faillites. À la fin d’avril, le nombre de défaillances d’entreprises sur un an s’élevait à 142, soit une augmentation de 77,5 % par rapport à fin avril 2022. Bien que ce chiffre soit relativement faible compte tenu du nombre de professionnels présents dans le secteur, il représente tout de même trois fois plus qu’en 2018, comme l’explique Thierry Millon, directeur des études chez Altares.

En effet, depuis mi-2022, le vent a tourné pour les courtiers, avec une diminution de plus de 40 % de la production de crédits immobiliers en avril, due à la remontée des taux d’intérêt qui a rendu la demande moins solvable. La prolongation jusqu’à la fin de l’année de la mensualisation du taux d’usure (le taux maximum au-delà duquel les banques ne sont pas autorisées à accorder des prêts) a permis de faciliter l’accès aux crédits immobiliers.

Une profession qui a connu une croissance explosive Cependant, les années difficiles successives ont fragilisé de nombreux acteurs. « La crise qui touche actuellement tout le secteur immobilier ne nous affecte pas directement », estime Bérengère Dubus de l’Union des intermédiaires de crédit. « Mais elle survient après trois années compliquées, marquées par les banques qui ont décidé de ne plus travailler avec les courtiers fin 2019, la crise du Covid en 2020 et le blocage du marché dû au taux d’usure en 2022. »

Selon Altares, les faillites ont principalement touché les courtiers employant un à deux salariés, tandis que l’UIC estime que ce sont ceux qui avaient une dizaine de salariés qui ont le plus souffert. Il faut dire que le métier a connu un véritable essor depuis 2016, attirant de nombreux acteurs grâce aux taux bas et aux conditions de marché favorables. Cependant, certains courtiers indépendants, qui peut-être n’avaient pas une solide assise financière au départ, ont dû jeter l’éponge.