Le crédit immobilier aurait-il passé le cap le plus difficile ?

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En avril, la Banque de France a publié des chiffres indiquant que la production de nouveaux crédits à l’habitat s’élevait à 15 milliards d’euros, comparé à 14,4 milliards en mars. Ces chiffres sont annoncés une semaine avant la prochaine réunion du Haut conseil de stabilité financière, qui considère que le « cycle de production de crédit se normalise ».

En avril, les chiffres publiés par la Banque de France indiquent une production de nouveaux crédits à l’habitat d’un montant de 15 milliards d’euros. Bien que cela représente une baisse de 42 % par rapport à avril 2022, où 25,9 milliards d’euros de prêts avaient été accordés, la production a augmenté de plus de 4 % par rapport à mars 2023.

À l’approche de la prochaine réunion du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), qui se penchera sur les critères d’octroi de crédit, la Banque de France souhaite utiliser ces chiffres comme justification pour ne pas apporter de modifications importantes aux paramètres actuels. Cependant, le gouvernement, ainsi que les banques et les courtiers, exercent des pressions en faveur d’un assouplissement des contraintes imposées aux emprunteurs.

La Banque de France souligne que ces chiffres témoignent d’une stabilisation progressive de la production de crédits à un niveau nettement supérieur à celui observé avant la période de taux exceptionnellement bas et de volumes de production exceptionnellement élevés. En effet, avec des taux d’intérêt très bas, la production de crédit immobilier a connu deux années exceptionnelles en 2021 et 2022, bien que cela ait commencé à diminuer l’été dernier. Selon l’institution, le cycle de crédit se normalise parallèlement à la politique monétaire de la Banque centrale européenne.

De plus, la Banque de France souligne que la production de crédit a moins diminué en France par rapport aux autres pays européens, et que les taux ont également augmenté de manière moins abrupte. En avril, l’encours de crédits à l’habitat a augmenté de 4,4 % en France par rapport à l’année précédente, contre une moyenne de 3 % dans la zone euro, et les nouveaux crédits sont proposés à un taux de 3,19 % (incluant les frais et les assurances), contre 3,76 % dans la zone euro.

Cependant, cette augmentation des taux a eu un impact important sur la demande, car les prix de l’immobilier, qui avaient connu une forte hausse ces dernières années, ne diminuent que légèrement, et de nombreux ménages n’ont plus les moyens d’acheter.

La mensualisation du taux d’usure, qui fixe un plafond au-delà duquel les banques ne sont pas autorisées à prêter, a permis aux banques de relever régulièrement leurs taux et de faciliter l’accès au crédit depuis le 1er février. Normalement, ce taux est ajusté tous les trois mois, mais la Banque de France a exceptionnellement accepté d’accélérer le rythme.