Immobilier : la perte de confiance des investisseurs locatifs

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Les propriétaires bailleurs et les futurs investisseurs font face à un environnement de plus en plus difficile, caractérisé par une hausse des prix, une offre de plus en plus limitée et des contraintes réglementaires, notamment dans le domaine énergétique. Dans les mois à venir, l’investissement locatif pourrait être encore plus restreint.

Une tension croissante se fait ressentir sur le marché de la location privée. La demande de logements à louer augmente tandis que de nombreux ménages, en particulier les primo-accédants, éprouvent des difficultés à devenir propriétaires. Certains locataires qui aspirent à devenir propriétaires sont contraints d’abandonner leur projet, ce qui contribue à figer le marché locatif. Les locataires en place restent immobiles et, dans les zones les plus tendues, le marché immobilier se trouve dans une impasse, que ce soit pour l’achat ou la location.

Face à une demande croissante, l’offre de logements locatifs diminue tant dans le secteur du neuf que dans celui de l’ancien. De plus en plus d’investisseurs locatifs se découragent. Dans le neuf, les difficultés d’obtention de crédit limitent leur capacité à acheter des biens dont les prix demeurent élevés dans l’ensemble.

En conséquence, la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) signale un chiffre sans précédent dans son rapport conjoncturel du 25 mai : une baisse de 52,3 % des ventes aux investisseurs particuliers au premier trimestre 2023 ! Jusqu’à présent, la répartition des achats de logements neufs par les particuliers était équilibrée entre l’accession à la propriété et l’investissement locatif. Désormais, les accédants représentent 66 % des achats, tandis que les investisseurs ne représentent plus que 33 %.

La suppression annoncée du dispositif d’incitation fiscale Pinel (devenu Pinel + cette année) par le gouvernement en juin prochain marque le coup de grâce. Cette décision marque également un tournant important, celui du désengagement progressif des aides publiques dans le secteur du logement.

L’environnement est également peu favorable sur le marché de l’ancien. Entre l’augmentation des taux d’intérêt immobiliers, l’accès plus restreint aux prêts et la correction des prix insuffisante, de nombreux investisseurs ont du mal à boucler leur financement. De plus, les obligations de rénovation énergétique dissuadent les futurs acquéreurs et les propriétaires de biens destinés à la location. Cette situation va s’aggraver d’autant plus que la transition écologique s’accélère.