L’écosystème des start-up en Côte d’Ivoire se développe rapidement

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La Côte d’Ivoire, un pays d’Afrique de l’Ouest, a récemment adopté une loi visant à soutenir le développement des start-up nationales. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où de nouvelles initiatives, tant locales qu’internationales, viennent dynamiser cet écosystème en pleine croissance.

Considérée comme l’un des hubs économiques les plus dynamiques du continent africain, la Côte d’Ivoire a été mise en avant par Amir Ben Yahmed, PDG du groupe média Jeune Afrique, lors de l’Africa CEO Forum qui s’est tenu à Abidjan les 5 et 6 juin. Cet événement a rassemblé plus de 2 000 personnes et témoigne de l’essor économique du pays qui compte environ 30 millions d’habitants.

La Côte d’Ivoire aspire également à devenir le hub technologique de l’Afrique de l’Ouest et à rivaliser avec le Sénégal, qui multiplie les mesures et les projets en faveur des start-up. Parmi ces initiatives, citons la création de la Délégation générale pour l’entrepreneuriat rapide (DER), un futur espace d’innovation de 30 000 m2 inspiré de Station F, ainsi que le Start-up Act, qui a instauré un cadre juridique adapté aux jeunes pousses, avec des exonérations fiscales et sociales.

La Côte d’Ivoire s’apprête à adopter une « loi Start-up » qui définira les acteurs clés de l’écosystème (start-up, incubateurs, fonds de capital-risque), établira un comité de labellisation et mettra en place un accompagnement des jeunes pousses. Des avantages fiscaux et des exonérations seront également intégrés dans la prochaine loi de finances.

Malgré ces avancées, le secteur des start-up en Côte d’Ivoire peine encore à lever des fonds. Le gouvernement a récemment alloué une enveloppe de 1 milliard de francs CFA (environ 1,5 million d’euros) à investir dans les fintechs. Bien que ce montant puisse sembler modeste par rapport à la France, il revêt une grande importance pour cet écosystème en plein essor qui n’a levé que 33 millions de dollars en 2022, contre 105 millions de dollars pour les start-up sénégalaises, selon un rapport de Partech Africa.

La présence de fonds français dans la région est limitée, avec des acteurs tels que Partech Africa, Saviu Ventures, Breega Capital et Orange Ventures. Toutefois, l’image de l’Afrique en France reste encore mitigée, le continent étant perçu comme dangereux et risqué. Les start-up ont souvent recours aux fonds scandinaves et américains pour leur financement, bien que certains fonds tunisiens et marocains commencent à s’intéresser à l’Afrique subsaharienne.