Aides à la rénovation énergétique : qui en profite réellement dans le secteur de l’immobilier ?

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La rénovation énergétique des logements présente de nombreux avantages, tels que les économies d’énergie et le respect des obligations de rénovation pour les logements locatifs à forte consommation énergétique. Cependant, les propriétaires se heurtent toujours à des difficultés liées aux modalités d’obtention des aides et à la problématique du reste à charge, comme le souligne une étude récente.

Après plusieurs semaines d’attente, la Première ministre a dévoilé le 5 juin les mesures très attendues du CNR Logement visant à « faciliter l’accès au logement pour tous les Français ». Parmi ces mesures, plusieurs propositions sont faites concernant l’amélioration énergétique du parc résidentiel privé. L’objectif du gouvernement est d’atteindre 200 000 « rénovations performantes » dès 2024. Cette expression, quelque peu obscure, correspond à une définition juridique introduite dans l’article 155 de la loi Climat et résilience d’août 2021.

Concrètement, une rénovation est considérée comme « performante » lorsque les travaux effectués permettent au logement d’atteindre la classe A ou B du diagnostic de performance énergétique (DPE) et incluent l’étude de six postes de rénovation : l’isolation des murs, l’isolation des planchers bas, l’isolation de la toiture, le remplacement des menuiseries extérieures, la ventilation, la production de chauffage et d’eau chaude sanitaire, ainsi que les interfaces associées.

Il existe certaines exceptions, notamment pour les vieux bâtiments dont les contraintes architecturales rendent impossible l’atteinte du niveau B. Toutefois, en général, une rénovation performante implique une rénovation globale nécessitant la réalisation simultanée de plusieurs chantiers à coûts élevés.

Pour encourager les particuliers à privilégier les rénovations globales, le gouvernement concentre progressivement les aides sur les travaux multiples au détriment des travaux individuels. Par exemple, depuis le 1er janvier de cette année, MaPrimeRénov, l’aide directe de l’État, n’est plus accordée pour l’achat d’une chaudière à gaz. Depuis le 1er avril, il en est de même pour l’isolation seule des combles, toits ou murs intérieurs ou extérieurs, réservée aux ménages aux revenus supérieurs (par exemple, un célibataire gagnant au moins 38 184 euros par an en Île-de-France).

En revanche, MaPrimeRénov Sérénité, destinée aux personnes à revenus modestes pour financer un ensemble de travaux de rénovation énergétique réalisés simultanément, a vu son plafond passer de 30 000 à 35 000 euros au 1er février. Pour les ménages à revenus plus élevés, les forfaits de « rénovations globales » ont également été augmentés.